Je suis resté dans la salle de Sciences Po pendant 5 minutes. 

Fabienne Servan-Schreiber et Serge Moati étaient à la tribune pour "défendre la création": on se serait cru à une réunion des spécialistes du Parti Socialiste ! Il ne manquait qu'Henri Weber ! Mais il est vrai qu'il avait tout dit sur le sujet dans un précédent bureau des ténors du parti consacré à la chose.

Le système habituel de lobbying qui pourrit l'audiovisuel public depuis 1981 était en place. A cette époque, Serge Moati qui était un des hauts responsables de FR 3 m'avait tiré des larmes. "Qu'il est difficile de faire des programmes de qualité quand on est responsable de chaîne" disait il: j'avais cru à ses propos ! 
Quelques mois plus tard -toujours pour de bonnes raisons- il a quitté la chaîne -certes contraint et forcé- avec de très très confortables indemnités. 
Il s'en est servi pour monter une boite de prod qui -grâce à son talent- a tellement prospéré qu'elle a été revendue il y a quelques années à une grosse société capitaliste en échange d'un gros profit. 
Ce qui n'empêche pas Serge Moati de continuer à téter la mamelle du "service public".

Je n'ai rien contre Moati mais son cas personnel est emblématique d'une situation générale: celle des allers et retours entre le secteur public et le secteur privé ! Ces allers et retours sont tout simplement la traduction de ce que l'on appelle dans le langage de l'économie les "conflits d'intérêt".... Carolis en est un exemple ! Producteur puis patron de l'audiovisuel !
Tessier en est un autre ! Michelle Cotta, etc.... Et l'on pourrait recenser aussi la liste des brillants producteurs qui ont été hier cadres du service public et qui ont ensuite profité de leur carnet d'adresse pour faire de fructueuses affaires ! Dans l'administration, on appelle çà du pentouflage !

Ca suffit !

Ca tourne en rond !

Je suis lecteur de Télérama depuis que je suis tout petit !
C'est dire la taille de ma désillusion lorsque je me suis trouvé devant cette reconstitution de ligue dissoute !
J'avais cru comprendre que la redéfinition des cartes telle qu'elle a été envisagée par le chef de l'état ne touchait pas seulement la "suppression de la publicité" mais qu'elle devait être une remise en question globale.

  • Les rapports avec l'éducation.
  • Les rapports avec la violence.
  • Les rapports avec le sport

Voilà le genre de débat que Télérama aurait du impulser: c'est sans doute d'ailleurs celui qu'attendait les fidêles lecteur de cette institution !
J'ai sous les yeux, parce que je dois ranger le livre, le rapport du collectif Interassociatif Enfant et Médias commandé par Ségolêne Royal alors ministre de la famille: il est intitulé "l'environnement médiatique des jeunes: que transmettons nous à nos enfants".
Une sorte d'OVNI pour la commission Cope