Je dois dire que cet "incident" -vous avez dit "censure"- me fait beaucoup rire...
Ca me rappelle l'arroseur arrosé !
Certes, les journalistes et réalisateurs de base qui étaient -c'est mon cas: j'ai jeté l'éponge- à la fois membre du Parti et travailleurs de l'audiovisuel public ont l'habitude de se faire traiter comme des serpillières.
N'est pas Fabienne Servan-Schreiber -Madame Henri Weber à la ville- ou Serge Moati qui veut !

Si j'en crois les échos de presse et les dépêches, il y a fort à parier que la commission Cope après avoir réduit fortement ses propositions -notamment sur France 3 et la fusion des rédactions- constate d'autres changements. Le lobbyisme des producteurs -les seuls gagnants selon moi des propositions- va continuer à fonctionner: Fabienne Servan-Schreiber est allée rencontrer son amie Cécilia pour lui parler de ses problèmes.

Je remets en ligne l'intégralité de ce texte qui pose la question de France 3 et celle de la nomination du Président.

Curieusement, pratiquant des Conseils d'administration de l'audiovisuel public, depuis 1985, je pense que la nomination du Président du groupe public directement par le Président de la République est un gage d'indépendance.
C'est d'ailleurs lemode de fonctionnement de la BBC. Cela m'amuse de voir Dominique Wolton monter au créneau pour expliquer tout le mal qu'il pense de cette idée: chacun oublie que Dominique Wolton est membre du Conseil d'administration de France Télévision: nous sommes donc la en plein conflit d'intérêt et personne ne s'en émeut ! Wolton est toujours dans le sens du vent mais pratiquement jamais dans le sens de l'histoire !

Le texte ci dessous date de février 2007:

PROPOSITIONS POUR UNE R√ČORGANISATION DES SERVICES D'INT√ČR√äT G√ČN√ČRAL DE L'AUDIOVISUEL PUBLIC

Avant d'envisager la réorganisation de l'audiovisuel public en tenant compte des nouveaux éléments dus à la convergence entre le monde de la télévision classique et celui des télécoms, il faut tirer les conséquences de l'inadaptation des institutions existantes. Elles aussi doivent muter pour se trouver en cohérence avec l'environnement technologique et les propositions actuelles de la Commission européenne.

Il para√ģt √©vident -compte tenu des bouleversements que nous proposons- que tout ne peut pas se faire en un jour et que ces "r√©formes" devraient parties d'une loi programme sur plusieurs ann√©es avec -en cible- le basculement d√©finitif de l'analogique au num√©rique et la progressive mont√©e en puissance de la t√©l√©vision √† la demande et l'affaiblissement de la t√©l√©vision lin√©aire qui en est la cons√©quence: 2011 selon les uns, 2012 selon les autres.

Fusion de l'Arcep et du CSA

La mission de l'ARCEP est, jusque la, essentiellement technique.
Si l'on soustrait ses obligations en matière de marché postal, cet organisme s'occupe principalement de la régulation entre les nouveaux opérateurs de télécoms -nouveaux services compris-.

  • L'ARCEP intervient donc dans la distribution des images anim√©es sur l'ADSL, le c√Ęble et les t√©l√©phones mobiles -qui ne sont qu'une partie de la t√©l√©vision mobile puisque la TNT rend la t√©l√©vision "portable" possible.
  • L'ARCEP a vocation √† g√©rer les fr√©quences dans le monde des t√©l√©coms. Cet organisme a donc certaines pr√©rogatives identiques √† celles du CSA en mati√®re de t√©l√©vision.
  • Le CSA g√®re en effet les fr√©quences hertziennes "historiques" utilis√©es jusque la par la radio et la t√©l√©vision.


Compte tenu de la convergence, il serait plus logique que l'ensemble du spectre de toutes ces fréquences soit géré par un seul organisme.

  • L'ARCEP/CSA serait ainsi un intervenant purement technique qui prendrait en compte les √©l√©ments industriels de la convergence en application des directives de la commission europ√©enne.
  • L'ARCEP/CSA serait √©galement le garant technique de l'harmonisation du march√© entre secteur priv√© et secteur public.
  • L'ARCEP/CSA n'aurait plus aucune mission en mati√®re de contenu sauf √† int√©grer dans les conventions de tous les intervenants un certain nombre de r√®gles de base qui pourraient remettre en cause la validit√© des contrats pass√©s entre ce nouvel organisme et les √©diteurs de contenu.

Nous rappelons, qu'à l'inverse de ce qui est généralement indiqué, le CSA n'a aucune responsabilité déontologique sur les professions de l'information.

Création d'un haut comité de l'éthique

Pour ce qui nous concerne -compte tenu des abus commis syst√©matiquement par le secteur priv√© et du r√īle de pr√©dateur que les uns jouent vis √† vis des autres- nous sommes pour la seule r√©gulation par le march√©: laissons les se manger entre eux¬†!
Outre quelques garanties qui peuvent être du ressort de la loi, les téléspectateurs sont suffisamment grands pour faire leurs choix en responsabilité.
Par contre, de façon à bien marquer les spécificités propres au secteur public de l'audiovisuel en matière d'éducation, de culture et de divertissement, un comité de l'éthique et de la déontologie sera crée pour donner son avis sur le contenu des programmes du service public.
Ce comité regroupera 12 représentants

  • des associations sociales et familiales repr√©sentatives,
  • de l'universit√©,
  • du parlement, etc

et produira des recommandations...
Les médiateurs des sociétés du secteur public audiovisuel -interface entre les téléspectateurs et les professionnels- seront membres consultatifs de ce haut comité spécialisé.
Dans notre esprit, cet organisme sera plus un observatoire "moral" qu'un commissariat de police.
Ce sera à lui de rédiger le cahier des charges, le contrat, la charte qui doivent être passés entre la nation et les sociétés de l'audiovisuel public.
Une fois ce texte adopté, il sera soumis solennellement à l'approbation du Président de la République -qui sera, comme pour les magistrats, le garant de l'indépendance- et au vote du Parlement -qui suivra tous les ans l'évolution des choses-.
Le Haut Comité des l'éthique choisira également le Président de la société tête de groupe après qu'une short list ait été établie par la Présidence de la République sur propositions du Parlement.
In fine, le Président de l'organisme public de télévision sera donc nommé par le Chef de l'Etat.

Organisation de l'audiovisuel public

La réorganisation complète de l'ensemble du secteur public de l'audiovisuel est rendue nécessaire par l'irruption de nouveaux supports.
Ils bouleversent les équilibres actuels et ont des conséquences en matière économique et industrielle: il s'agit d'un vrai bouleversement de civilisation puisque les fondements de la création et de la vie culturelle, le rapport à l'espace vital et intellectuel, l'utilisation des langues dans la transmission du savoir sont également remis en cause.
Le passage de la civilisation analogique à celle du numérique est un événement au moins aussi important pour l'homme que l'ont été la Renaissance et l'apparition de l'imprimerie.
Toutes les principales lois et les principaux décrets régissant actuellement l'audiovisuel public sont antérieures à l'apparition de l'internet: le reste est composé de textes de toilettage et on ne peut pas dire que la loi sur la "télévision du futur" fasse exception puisqu'elle ne prend pas en charge la télévision sur internet qui est actuellement en pleine expansion.

Conseil d'administration ou Conseil de Surveillance + Directoire

Une des caractéristiques les plus négatives de l'audiovisuel public est d'avoir été géré ces dernières année en dehors de l'évolution de la gouvernance qui régit aujourd'hui les grandes entreprises publiques ou privées.
Malgr√© les rapports Viennot et Bouton, malgr√© les lois NRE et de s√©curisation financi√®re, malgr√© la cr√©ation de l'Agence pour les participations de l'√Čtat au sein de Bercy, le secteur public de l'audiovisuel est rest√© fig√© dans une gouvernance r√©trograde o√Ļ les administrateurs ne peuvent pas exercer les pr√©rogatives qui sont les leurs "en toute ind√©pendance".

Pour s'afficher comme un groupe industriel moderne, l'audiovisuel public doit intégrer les règles normales de fonctionnement des groupes européens équivalents en coupant les liens qui l'unissent au monde politique.
Le groupe public doit √™tre dot√© d'une gouvernance efficace et cr√©dible qui tienne compte √©galement des d√©clarations de S√©gol√®ne Royal sur le r√īle des syndicats et de ses repr√©sentants √©lus dans le fonctionnement des entreprises.
Pour que l'indépendance du groupe public soit renforcée, il serait à l'honneur de la gauche de renforcer l'indépendance des équipes rédactionnelles en leur donnant un statut juridique.
Je rappelle que dans les règles de fonctionnement de la presse américaine, le "rédacteur en chef" est le garant de l'indépendance de son équipe face aux actionnaires et à la Direction.
Tout l'inverse de la situation fran√ßaise o√Ļ le r√©dacteur en chef -directeur de la r√©daction ou directeur de l'information selon les terminologies en cours- est tr√®s exactement le contraire: la courroie de transmission des dirigeants ou des actionnaires.
Un tel projet qui donnerait des pouvoirs r√©els aux Soci√©t√©s de Journalistes sur le contr√īle de l'√©ditorial a √©t√© r√©cemment mis en pratique √† la RTBF sur la suggestion du PS belge.
Pourtant, puisqu'ils sont les interlocuteurs légaux, les syndicats ne doivent pas être "grillés" par le principe des Sociétés de journalistes qui a déjà été évoqué par François Hollande et qui ne peut pas être une bonne solution si l'on veut renforcer le pouvoir et la crédibilité des syndicats: une synthèse doit être possible pour que le résultat soit atteint !

Une société tête de groupe -FRANCE MEDIAS (???)- pilotant un ensemble de filiales

Compte tenu des sp√©cificit√©s du groupe audiovisuel public, le syst√®me de gouvernance qui semble le plus adapt√© est celui qui r√©git la BBC: un Conseil de Surveillance -exer√ßant les fonctions de contr√īle- avec Directoire -l'organisme ex√©cutif qui dirige l'ensemble-. Le mod√®le britannique ne s'applique sans doute pas exactement aux n√©cessit√©s de notre droit des soci√©t√©s mais les sp√©cialistes du droit commercial trancheront.

Dans le cas d'un Conseil d'administration, et pour renforcer la bonne gouvernance, la règle des trois tiers pour 15 membres balayant les spectre des "steack holders" pourrait s'appliquer:

  • 5 repr√©sentants de l'actionnaire: APE, Parlement, etc
  • 5 personnalit√©s qualifi√©es¬†: grands patrons, repr√©sentants des t√©l√©spectateurs, etc
  • 5 repr√©sentants des fournisseurs¬†: √©lus des organisations syndicales des personnels (3) mais aussi √©lus des syndicats de producteurs (2)


Selon les pr√©conisations actuelles de l'Agence pour les Participations de l'√Čtat, qui correspond √† ce qui se fait dans les grands groupes du CAC 40 soutenus sur ce point par le MEDEF (!) le Conseil d'administration serait imm√©diatement dot√© de comit√©s sp√©cialis√©s:

  • comit√© d'audit comit√© de la strat√©gie
  • comit√© des nominations et des r√©mun√©rations
  • comit√© des rapports avec les t√©l√©spectateurs (comme √† la poste)


De l'aveu m√™me de l'ancien patron de l'APE, ces directives n'ont pu √™tre appliqu√©es jusque l√† dans les soci√©t√©s publiques de l'audiovisuel "compte tenu de la pr√©gnance de Matignon et de l'√Člys√©e sur le syst√®me audiovisuel fran√ßais".
Le conseil d'administration -ou le Conseil de Surveillance (?)- choisira donc les Directeurs Généraux des sociétés filiales -le Directoire (?)- après établissement d'une "short list" de candidatures et avant délibération du comité des rémunérations et des nominations comme cela se passe dans tous les grands groupes.
Les propositions concernant le fonctionnement des conseils d'administrations peuvent être transposées sans difficulté -me semble t-il- pour une société avec Directoire et Conseil de Surveillance.

Compte tenu des moyens actuels d'information -particulièrement internet- la nomination du Président du groupe public peut être faite après une délibération publique -qui la rendrait transparente- par le Président de la République.....

Cette société "tête de groupe" (FRANCE MEDIAS (?)) est le centre stratégique et le moteur industriel de l'ensemble public.
Son activité éditoriale prépare le passage des produits linéaires actuels qui sont ceux des sociétés de télévision et de radio publiques aux contenus à la demande qui commencent à monter en puissance notamment chez les jeunes (utilisation courante aux alentours de 2011/2012).
C'est le point clé... la montée en puissance de la télévision à la demande par rapport à la télévision linéaire va profondément modifier les contenus dans ce qui sera proposé au téléchargement.
Attention, il s'agit bien ici de contenu et pas de tuyaux !
D'abord, parce que géographiquement, le "téléspectateur téléchargeur" sera un téléspectateur mondial ! Le téléchargement, c'est l'irruption de la mondialisation dans le domaine de l'audiovisuel.
On voit mal, par exemple, les producteurs am√©ricains -dans quelques ann√©es- accepter que leurs s√©ries -traduites ou sous titr√©es- soit d√©livr√©es pour t√©l√©chargement ailleurs que sur des disques durs qu'ils contr√īleraient en totalit√©.
La partie sécurité du Rapport Goudineau 5 sur le cinéma numérique est de ce point de vue significative.
Comme quoi, les tuyaux peuvent avoir des conséquences sur le contenu.
C'est, bien évidemment, dans une logique de protection de la diversité culturelle -française d'abord, mais européenne en suite, que cette proposition de montage industriel est réaliste.
Le deuxième aspect concerne le passage à la TVHD...
Comme cela se voit déjà aux Etats Unis, le passage à la HD a des conséquences directes sur les programmes choisis par les nouveaux consommateurs d'images parfaites:

  • plus de sport
  • plus d'information sous forme de magazines de reportage
  • plus de documentaires
  • plus de fictions moins d'√©missions de plateau

Ces choix sont parfaitement en accord avec les habitudes qui semblent liées au téléchargement et font qu'il y a une sorte de lien de cause à effet entre la HD et la montée en puissance de la VOD. On voit mal subsister, en VOD, un certain nombre de programmes qui font certaines bonnes audiences de la télévision linéaire d'aujourd'hui mais qui seront pratiquement obsolètes en VOD. Sans rentrer dans les détails, je pense à "Intervilles": je ne suis pas complètement (!!!) convaincu que les familles se précipiteront, dans l'avenir, pour télécharger ce genre de programme !
C'est dire qu'il est extr√™mement important que FRANCE MEDIAS, par la mise en route d'un √©norme serveur capable de stocker tous les programmes audiovisuels du groupe, reste un √©diteur-diffuseur public et ne sous traite √† personne cette fonction qui fait partie de son cœur de m√©tier.
Le troisième aspect de ce montage concerne la montée en puissance de la télévision sur mobile.
Malgré la pression des opérateurs télécoms, il faut remettre les choses en perspectives.
Il y a deux moyens de consulter la télévision mobile:

  • la TNT qui par nature autorise la r√©ception de la t√©l√©vision en mobilit√© -par exemple en voiture- sur de petits modules comme les Archos
  • la r√©ception sur t√©l√©phones sp√©ciaux -qui est souvent la seule dont on parle- et qui exige de nouvelles fr√©quences et de nouvelles normes de diffusion qui ne sont pas encore d√©finitivement arr√™t√©es.

Les essais faits par les opérateurs télécoms ont jusqu'à aujourd'hui des résultats surprenants....
Les téléphones portables mis à disposition des "cobayes" ont souvent été utilisés comme des "transistors" à l'intérieur même des habitations pour suivre des matches de foot par exemple: ce qui semble donner un avantage aux "Archos". Ce qui ne veut pas dire que l'utilisation des "téléphones" ne doit pas être envisagée ! Nous pensons que dans un premier temps, cette utilisation est viable si l'on crée de nouveaux produits, de nouveaux services du type information par abonnement ou du type "réveil en images d'archives" qui existent déjà ailleurs dans le monde et pas seulement en Extrême Orient ! D'un coté le push, de l'autre le pull !
C'est du contenu: pas des tuyaux !

Ce paragraphe a été rendu partiellement obsolète par l'irruption des iPhones et autre Smartphones qui utilisent la 3G et permettent à l'image -petite- une qualité souvent bluffante. L'arrivée annoncée des "tablettes" multiplie les capacités de réception personnelle.

Selon les actuelles directives de la Commission Européenne -évolution de Télés sans Frontières-, ce montage d'une société tête de groupe autour de laquelle tourne des filiales tente de faire la distinction entre ce qui est push (linéaire) -du ressort des filiales- et ce qui est non linéaire - "à la demande"- qui est du ressort de la société tête de groupe.
Il semble donc possible sans violer les directives européennes de financer au maximum les activités de la société tête de groupe par la publicité.
La notion de mission d'intérêt général pour les transmissions IP sur internet n'a pas encore été discutée.... Ce qui par ailleurs laisse donc de la marge !
C'est en tous cas une nouveauté stratégique que d'envisager un montage de ce type délibérément ouvert vers l'avenir et non plus sur le passé.

FRANCE MEDIAS aurait donc la charge de diffuser -mais de diffuser seulement- l'ensemble des productions numériques linéaires des filiales (voir plus bas dans le document).
Par contre, elle g√©rerait un portail qui donnerait acc√®s √† l'ensemble des productions du groupe: produits destin√©s √† l’utilisation "en ligne" -push: √©crits, parl√©s, ou en images-, VOD, podcasts, etc;
La société tête de groupe harmoniserait le travail des diverses rédactions du groupe. Selon ce montage, FRANCE MEDIAS a vocation à harmoniser également le flux de production des différentes sociétés nationales, internationales et régionales -voir plus bas-.

Pourquoi ?

Le rapport entre diffuseur et producteur va être profondément modifié par l'irruption de la VOD.
C'est ce qu'a très bien compris France Télécoms en décidant de créer une voie "contenu" dans sa vaste palette d'activités.

  • La diffusion lin√©aire est "one shot" -ou presque-
  • la diffusion en pull est "multi shot"....

Quels sont les disques durs que les producteurs vont choisir pour y d√©poser leurs œuvres une fois la diffusion lin√©aire effectu√©e -si elle continue-¬†?
L'√©tat va t il continuer √† demander une participation au financement √† l’√©diteur/diffuseur si les producteurs ont le choix du lieu et du support de diffusion¬†?
Si l’on se r√©f√®re √ß√† toutes ces nouvelles possibilit√©s, les d√©crets Tasca sont largement remis en cause par cette irruption de l'avenir dans le d√©j√† pr√©sent...

  • La soci√©t√© t√™te de groupe a √©galement vocation √† g√©rer l'ensemble des personnels: ce qui am√®ne √† harmoniser les statuts existants et √† ouvrir des discussions sur des conventions collectives √©tendues selon les m√©tiers -anciens et √©ventuellement nouveaux-.

C'est la tête de groupe qui après consultation des Conseils d'administration des filiales répartit l'attribution des aides publiques pour les sociétés qui peuvent y avoir accès.

  • une soci√©t√© d'√©dition des programmes nationaux et europ√©ens:

Cette société est l'éditeur de contenu linéaire de la télévision et de la radio nationale et européenne. Cette société regroupe donc les activités de l'actuelle France 2 et de Radio France (sauf France Bleue mais avec France Culture, France Musique, France Info qui composent ainsi un bouquet numérique de radios).
La rédaction unique fabrique journaux et magazines pour les supports classiques et elle édite également un site internet dédié à vocation nationale et européenne.
Comme dans toutes les autre sociétés d'édition fonctionnant dans l'orbite de FRANCE MEDIAS, c'est cette société filiale qui "produit" -en direct ou sous traité après des décrets Tasca modifiés- l'ensemble des produits -documentaires, magazines, fictions- qu'elle programme.

  • des soci√©t√©s d'√©ditions r√©gionales

-actuelle France 3 + actuelle RFO + France Bleue- organis√©es avec le m√™me syst√®me que l'ARD7 . En 1982, la r√©organisation de l'audiovisuel telle qu'elle √©tait pr√©vue par le PS -voir projet socialiste de l'√©poque- envisageait d√©j√† la r√©gionalisation des programmes: ce principe n'a finalement pas √©t√© retenu. Pourtant, une production vari√©e, ambitieuse, ind√©pendante a peu √† peu vu le jour. Malgr√© des cr√©neaux de diffusion restreints (samedi apr√®s-midi, mais jamais une seule soir√©e conc√©d√©e aux r√©gions, ou alors apr√®s minuit), le public a r√©pondu pr√©sent √† cette offre, marquant son app√©tence pour des regards nouveaux. Il importe aujourd'hui de mener √† bien cette r√©gionalisation. Selon les chiffres du CNC, 622 heures de programmes ont ainsi √©t√© produites en r√©gion, en 2005, une √©volution prometteuse. 165 soci√©t√©s de production sont install√©es en dehors de Paris. Sept associations d’auteurs et r√©alisateurs ont √©t√© cr√©√©es un peu partout en France pour soutenir l'effort de r√©gionalisation dont S√©gol√®ne Royal -ou moins son porte parole Jean-Jack Queyranne pendant la campagne interne- s'est fait le chantre. Les soci√©t√©s r√©gionales de t√©l√©visions -membres de FRANCE MEDIAS-, dont il faudra sans doute red√©finir le p√©rim√®tre g√©ographique en fonction des r√©gions administratives, ou des habitudes culturelles sont non seulement importantes en terme de contenus originaux mais sont √©galement capitales en terme d'am√©nagement du territoire et d'industrialisation. Sur l’aspect g√©ographique de la question –qui recoupe souvent des aspects techniques- les membres du groupe de travail ont des propositions qui tiennent compte de l’existant et qui sont √† disposition. Comme on le sait, les lyc√©es techniques pr√©parant aux m√©tiers de l'audiovisuel se sont multipli√©s sur le territoire national -ainsi d'ailleurs que les √©coles priv√©es- pour ne produire qu'un seul type de d√©bouch√©: le ch√īmage. Un projet industriel de gauche qui se respecte doit prendre en compte cette indispensable donn√©e qui recoupe les pr√©occupations en mati√®re d'emploi¬†! Il est √©vident que, dans ce cas de figure, ces soci√©t√©s sont de "plein exercice"¬†! C'est √† dire qu'elles ne doivent pas √™tre s'enfermer -pour des raisons financi√®res notamment- dans la production de formats "mineurs". Tout ce qui fait la t√©l√©vision lin√©aire doit √™tre r√©gionalisable dans l'optique -bien sur- de la redistribution √† la demande dont j'ai d√©j√† esquiss√© les contours √©ditoriaux: plus de documentaires et de fictions que de produits diffus√©s en plateau et en direct comme c'est souvent le cas aujourd'hui pour faire des √©conomies. Dans cette optique pourquoi ne pas envisager de reverser une partie de la redevance automatiquement √† l'√©chelon r√©gional en profitant de la liaison avec la taxe d'habitation pour faire clairement appara√ģtre la contribution de chacun aux productions locales. Le d√©veloppement de l'internet √† l'√©chelon local et r√©gional -encore largement sous dimensionn√©- donne des possibilit√©s de revenus publicitaires permettant de participer au financement global de cette r√©gionalisation dont on peut pr√©voir qu’elle sera sans doute co√Ľteuse. Enfin, dernier aspect mais qui n'est pas n√©gligeable, -valable √† la fois pour l'hexagone et pour l'outre mer-, le d√©veloppement de la t√©l√© r√©gionale d√©bouche tr√®s souvent avec succ√®s sur l'inter-r√©gional c'est √† dire l'Europe en m√©tropole et la coop√©ration r√©gionale aux Antilles ou dans l'Oc√©an Indien. Comme on l’aura compris chaque soci√©t√© r√©gionale sera multi supports: elle prendra en charge la production t√©l√© radio et internet. Le d√©veloppement de ce type de montage implique √©galement un mode de gouvernance original pour chacune de ses t√©l√©visions r√©gionales au plus pr√®s des partenaires locaux et non plus d√©sign√©s par Paris.

  • une soci√©t√© d'√©dition de programmes √† destination de l'√©tranger -France 24 + RFI+CFI-

Comme cela a d√©j√† √©t√© r√©clam√© par l'ensemble des parlementaires avant le coup de force de l'Elys√©e sur ce dossier, France 24 doit revenir dans le service public de l'audiovisuel. Compte tenu des attendus de la Commission Europ√©enne sur le sujet, le rachat des parts actuelles de TF1 dans France 24 ne se fera qu'au prix du march√© puisque la Commission a donn√© son accord √† ce montage sous r√©serve que la cha√ģne se fasse selon ces conditions. une holding de gestion des cha√ģnes th√©matiques: Il ne faut pas se trouver prisonnier des mots: construire un bouquet de programme n'est pas une grossi√®ret√©. Et les cha√ģnes qui figurent dans ce bouquet ne sont pas "de petites cha√ģnes". L'√©volution du paysage montre bien depuis plusieurs ann√©es, la mont√©e en puissance de ces cha√ģnes qui fid√©lisent de plus en plus de t√©l√©spectateurs. France 5 France 4 France √É” TV5 Monde (sur laquelle la t√©l√©vision publique devrait continuer √† exercer un contr√īle de fait) Cha√ģnes qui sont d√©j√† marqu√©es d’une sp√©cificit√© propre qu’il importe de p√©renniser. Comme les autres cha√ģnes du groupe –et pour d√©velopper emploi et notori√©t√©- les programmes de ces cha√ģnes th√©matiques peuvent donner lieu √† compl√©ment sur la radio –web radios- et des sites internet sp√©cifiques.

  • une holding de production pour le cin√©ma, l'audiovisuel et les produits num√©riques


  • une r√©gie publicitaire

Groupe de travail audiovisuel Section Culture

Alors certes, de l'eau est passée sous le pont de la vie politique et d'autres choix ont été faits.
On peut comprendre que les choix faits ici n'aient pas été "la doctrine" du PS mais pourquoi les députés et sénateurs qui ont participé aux travaux de la Commission Cope n'ont ils pas cherché à rencontrer les membres de notre groupe de travail.

Cours, camarade, le vieux monde est derrière toi !