Par contre, mon point de vue à moi n'a pas changé d'un iota depuis mon arrivée au Conseil d'administration en 2001: la première carence du groupe public français de télévision est celle de son absence de modernisation. On l'a vu dans ce blog: le passage au numérique ne se fait qu'à coup de pied dans le cul: il n'est dans aucun cas le résultat d'une réflexion interne et de décisions autonomes.

Alors durant ces derniers mois d'inactivité "professionnelle", j'hésitais donc sur l'opportunité de reprendre ce blog alors que visiblement, chez mes anciens confrères, les vents étaient contraires. Curieusement, je me suis fait en quelques semaines, plus d'ennemis que pendant toute la durée de mes mandats.

C'est dire comme mes alertes répétées avaient été prises en compte par ceux qui me présentaient aux élections !

C'est dire aussi combien pèsent les Conseils d'administration dans les stratégies syndicales !

J'ai donc longuement hésité à publier mes réflexions et -finalement- j'ai décidé de jeter l'éponge: le groupe qui m'a fait vivre ne me concerne plus !

Les pages de ce blog consacrées à France Télévisions sont terminées.

Pendant toute une période, j'ai lu grâce à mes multiples alertes tout ce qui concernait à la fois les dirigeants et les propositions ou ripostes formulées par les uns et les autres. Quelle distance grotesque par rapport à ce qui est parti de l'Elysée: je n'arrive pas à comprendre comment ceux qui s'intéressent au dossier ne se rendent pas compte de toutes les intrigues personnelles qui font, aujourd'hui et après ce que l'on a appelé des mois de concertation, le réel enjeu de ce qui devrait être une mutation industrielle et qui n'est plus qu'un théâtre d'ombre.

Les épisodes sont quand même guignolesques

  • qui transforment de dangereux révolutionnaires anticapitalistes en soutiens quasi inconditionnels de la publicité
  • qui voient entrer à l'Élysée par une porte dérobée l'égérie de la contestation télévisuelle pour prendre le thé avec sa meilleure amie.... et se retrouver quelques semaines plus tard comme étant citée parmi les remplaçantes potentielles de Carolis -la dame en question est la femme d'un sénateur PS ex trotskyste-
  • qui voient les "nouveaux" "décrets Tasca" tenter d'évincer les magazines d'information au profit des seuls producteurs de fiction comme si l'écriture d'un magazine d'information était aux yeux de ces producteurs aussi peu valorisant que de faire de la "télé réalité"
  • qui voient les principaux syndicats de l'audiovisuel s'élever contre le fait que le Conseil d'administration de France Télévision -société unique- va voir arriver en son sein des "administrateurs indépendants" venus de société du CAC 40 et donc parvenir à ce que le vote bloqué des représentants de l'État -actionnaire unique- ne soit plus celui de la majorité !

Je recommande à tous ceux qui n'ont pas encore compris de quelle réforme il s'agit de se rendre rapidement sur les sites internet de la BBC pour voir le gouffre qui sépare France Télévisions du grand groupe britannique !

Il est clair que si France Télévisions n'est pas intégré aux propositions d'Eric Besson et n'est pas associé à tout ce qui est proposé en terme d'industrie numérique la réforme proposée par l'Élysée et sur laquelle la commission Cope est censée avoir travaillé ne sera pas une réforme sérieuse....

En rapport avec ce dernier paragraphe, il est clair que le jeune et sémillant Carolis ne peut pas assumer la responsabilité de la mise en route d'un tel projet....

Ce brillant journaliste a certes procédé à de légères améliorations de programme mais son intelligence l'environnement technologique et industriel s'arrêtent la.

Selon moi.