Les mots deviennent Ă  la mode. Tout juste si ces expressions au combien Ă©sotĂ©riques ne s'invitent pas au cafĂ© du commerce dans les campagnes et les quartiers populaires. On croit rĂȘver. Il y a quand mĂȘme de fortes chances qu'au palmarĂšs des pays europĂ©ens corrompus, la France figure en bonne place. Dans les "petits" conseils d'administration que j'ai frĂ©quentĂ©s -ceux de sociĂ©tĂ©s dites de service public et pas du CAC 40- j'ai Ă©tĂ© Ă  mĂȘme de constater la frĂ©quence des conflits d'intĂ©rĂȘts et le non respect par l'État des rĂšgles qu'il tente d'imposer aux autres !

Ma réflexion est nourrie de mon expérience.

Il se fait qu'il y a deux points sur lesquels je n'ai jamais obtenu satisfaction à France Télévisions -comme cela fut d'ailleurs le cas plus tÎt à Radio France- le salaire des dirigeants et la marge des producteurs.
Pour ce qui concerne le salaire des dirigeants de France Télévisions -Tessier ou Carolis-, je suis revenu à la charge plusieurs fois sans jamais obtenir satisfaction.
C'était -selon des mails que je garde précieusement- des secrets d'entreprise qu'il importait de garder confidentiel ! J'ai réussi à connaitre le montant de l'enveloppe globale des rémunérations des dirigeants mais pas celle, individualisée, qui aurait apporté l'information dont j'avais besoin pour ma réflexion. 

Il faut dire que j'Ă©tais un "petit administrateur" -traduction reprĂ©sentant du personne Ă©lu- ce qui aux yeux de ceux qui avaient Ă©tĂ© nommĂ©s, dĂ©signĂ©s, Ă©tait bien Ă©videmment un vice rĂ©dhibitoire pour ĂȘtre admis au club.
L'un de mes "confrÚres" qui additionnait ce genre de fonctions dans plusieurs sociétés mais qui venait des "grands corps" a eu beaucoup de mal à m'adresser la parole autrement qu'en faisant référence au délégué syndical. 
Ce qui était également le cas de députés et de sénateurs qui n'appartenaient pas tous à l'actuelle opposition. 
Pour tous ces habitués de la moquette épaisse: il y a ceux du club et les autres ! Et je ne parle pas des énarques inspecteurs des finances dont les caractéristiques les plus flagrantes sont le mépris et l'arrogance.

Mais restons dans le sujet: l'absence de transparence !

Comment des sociĂ©tĂ©s privĂ©es seraient elles plus vertueuses que des sociĂ©tĂ©s oĂč le seul actionnaire est l'État !
In fine, je crois que je n'ai jamais eu les informations demandées parce que le salaire du PDG de France Télévisions est négocié -d'aprÚs ce que j'ai cru comprendre au fil des mois- avec les ministres de tutelle.

On comprend que Carolis se soit plaint d'ĂȘtre dĂ©pendant du pouvoir politique dans le nouveau systĂšme !

Tout ça est une sinistre plaisanterie et j'en suis d'autant plus convaincu que j'ai fait partie -assidument- de l'Institut Français des Administrateurs dont la rigueur sur le plan éthique me semble reconnue. 
Je pense que Daniel Lebegue a eu raison de vouloir créer ce thinkthank dont l'objectif est la transparence justement mais c'est l'ensemble du systÚme qu'il faut changer en interdisant -par exemple- le cumul des mandats d'administrateurs. Mais comment y réussirait on mieux qu'avec le personnel politique ?
Les conseils d'administration -de sociĂ©tĂ©s privĂ©es comme de sociĂ©tĂ©s publiques- devraient par ailleurs, dans leur trĂšs grande majoritĂ©, ĂȘtre composĂ© de personnalitĂ©s indĂ©pendantes. 
Mais indĂ©pendantes vraiment. C'est Ă  dire sans liens avec l'entreprise oĂč ils exercent leurs talents d'administrateurs. Sans charger la mule, comment prĂ©tendre qu'un rĂ©alisateur puisse ĂȘtre une personnalitĂ© indĂ©pendante dans un Conseil d'administration de France TĂ©lĂ©visions... ou mĂȘme que le reprĂ©sentant d'une "association" puisse l'ĂȘtre Ă©galement quand l'association en question est Ă©galement productrice de films documentaires.....

C'est dans ce marigot -ou dans un marigot semblable que se discutent les salaires des dirigeants: sacré époque !
Mais j'ai évoqué également les marges des producteurs. Un sujet d'actualité puisque la cour des comptes vient de parler de marges de 30 ou de 40
% dans certains cas. Ce sont effectivement les chiffres que j'ai toujours entendu -sans pouvoir les vérifier- mais je me souviens d'une anecdote que je ne peux pas ne pas raconter aujourd'hui.
A l'Ă©poque de Tessier, celui ci avait eu le dĂ©sir d'engager quelqu'un qu'il avait connu Ă  Canal, qui Ă©tait lui-mĂȘme producteur, pour suivre les contrats signĂ©s avec les producteurs justement -ce qui, je pense, n'existe toujours pas au sein de France TĂ©lĂ©visions-. En clair surveiller que les engagements en tous genre pris par les uns et par les autres. 
Il se fait que la personne pressentie était également un de mes amis.... 
Les contacts entre lui et Tessier ont duré environ une semaine.... Sa mission aurait été effectivement de surveiller les marges, les certificats de bonne fin et autres bonus qui font le "prix" de la télévision... et les bénéfices des producteurs.
Mais chacun sait que la encore le marigot fonctionne puisqu'on ne compte plus le nombre de responsables de programme qui ont fait des aller et retour entre les chaßnes de France Télévisions et les maisons de production.....
La proposition Tessier est morte aussi brutalement qu'elle avait vécu !