On imagine les coups de téléphones qui ont dû suivre cette intervention.
On imagine Henri Emmanuelli, on imagine Vincent Peillon s'étranglant de rage en entendant annoncer une telle révolution.
On imagine également Laurent Fabius ou même Lionel Jospin....

Comment, les socialistes.... pourraient avoir un projet européen, un vrai projet, où on parlerait de l'Europe.... et on ne les a pas informés: quel scandale de fin de campagne !
La réalité dans cette affaire, c'est que Martine Aubry s'est réservée les temps forts de la campagne ! Les lieutenants ne sont intervenus qu'à la marge ! C'est comme cela que le PS -sur la question européenne- a réussi à faire croire qu'il était uni. Peu de voix divergentes se sont élevées: seule la première secrétaire a parlé !
Sur les vieilles recettes et sur la vie politique de l'hexagone, ils étaient plus nombreux à s'exprimer mais le danger de l'unité ne se trouvait pas la !
Comme on interdit pas à Ségolène Royale de s'emparer du micro, la question de l'Europe fédérale a finalement été posée ! Et, compte tenue du peu de jours qui restent avant le scrutin de dimanche, il est tout à fait possible que cette question soit enterrée avant même de faire débat !
Comme le disait il y a quelques jours, Manuel Vals -qui n'a toujours rien compris à l'histoire présente- "dimanche, on va battre Sarkozy: un très bon tremplin pour 2012" chacun aura compris que, pour lui, l'Europe est le cadet de ses soucis: ce qui l'intéresse c'est son propre calendrier électoral !
Bref, en raisonnant dans les termes qui sont ceux du parlement européen, la "droite" est la seule force traditionnelle à proposer un programme cohérent: Merckel, Sarkozy Berlusconi, même combat: au moins c'est clair ! pendant la crise, le libéralisme continue !
Du côté des socialistes, à l'échelon continental, c'est toujours la confusion: puisque quels sont ceux des responsables, en France, qui sont susceptibles de militer pour le "manifesto" du PSE ? Je suis sûr que les militants socialistes de base qui mettront dimanche leur bulletin dans l'urne n'en sauront toujours rien ! C'est grave non ? ceux qui vont nous représenter à Strasbourg s'engagent pour cinq ans !
Quant aux rodomontades hexagonales de Bayrou, on voit mal comment elles vont pouvoir s'intégrer aux déclarations, plutôt calmes traditionnellement, des démocrates-chrétiens européens groupe dans lequel le Modem est inscrit. Mais il est vrai que Bayrou ne siègera pas à Strasbourg.
Comme le disait Michel Barnier -un candidat UMP qui bien que tête de liste vise la tête de la commission- "la seule voie européenne de ces élections, c'est celle de Daniel Cohn-Bendit"
C'est sans doute la raison pour laquelle Europe Ecologie risque de faire la surprise dimanche.
Avec un indice de satisfaction personnel qui vise les 70 % on peut rêver à l'idée que le rassemblement français du leader des verts allemands dépasse les 11 % aux élections un score jamais obtenu par les verts hexagonaux dans de telles circonstances.
Si, demain, l'écologie politique a un avenir en France, espérons que les leaders du rassemblement n'oublieront pas que le succès se sera bâti sur deux pôles: l'écologie certes, mais aussi et peut-être surtout l'Europe !