Cela fait déjà plusieurs jours que les observateurs -ou les militants de base- se rendaient compte que la campagne d'Europe écologie commençait à porter ses fruits et par la même occasion, on pouvait se rendre compte que le modem décrochait. C'est en gros, d'ailleurs, la photographie des sondages.
Pour l'instant, rien n'est joué, puisque le scrutin a lieu dimanche et qu'il y a deux facteurs qui peuvent modifier profondément les choses: l'abstention et la fragilité des votes de certains électeurs du PS, de certains électeurs du modem et de certains électeurs d'Europe écologie, qui ne sont pas certains de voter demain pour le candidat qu'ils soutiennent aujourd'hui.

Bref une situation instable.

Une situation que, pourtant, tous les leaders politique connaissent à la veille des élections et que d'habitude ils contrôlent: les deux incidents que je viens de relater ont le mérite de mettre sous la lumière le vrai comportement de François Bayrou. La campagne pour les élections européennes est un outil !

Le leader du modem n'est d'ailleurs pas candidat. La réalité des choses est qu'il ne pense qu'à une seule échéance celle de 2012 où il espère arriver à l'Elysée.

Au fur et à mesure de la campagne, les choses sont devenues de plus en plus claires pour les électeurs potentiels du Modem et c'est la raison pour laquelle les sondages de ce parti sont devenus mauvais. 
Ceux qui sont convaincus par l'Europe -et c'est la majorité des électeurs du modem- n'ont pas envie de se faire voler leur bulletin dimanche. Pour eux, comme pour l'ensemble des Français, ce n'est pas encore le temps de la présidentielle. La confusion des genres a nourri le reflux de ces électeurs.
Toute la stratégie de François Bayrou s'en trouve compromise. S'il n'est pas le troisième homme lundi matin, il lui sera difficile d'apparaitre dans moins de trois ans comme le champion de l'opposition dans la lutte qui, selon lui, devrait aboutir à un changement de locataire à l'Élysée.

L'avantage d'un centriste est d'être équidistant de la gauche et de la droite: ce serait un profil idéal -toujours selon ce stratège- pour être le champion du renouveau mais la, au lieu d'attendre calmement les résultats du vote,, comme le font encore une fois tous les leaders politiques dont c'est justement le métier de rester froid dans ce genre de situation, François Bayrou a pété les plombs et c'est son rival direct celui qui l'aurait coiffé sur le poteau qui a été victime d'une agression caractérisée dont franchement la démocratie ne peut pas s'honorer.

En ce jeudi soir, il apparait certain que tous ceux qui hésitaient à voter pour les listes de Bayrou -et je crois qu'ils étaient nombreux- rejoindront soit les pêcheurs à la ligne soit les concurrents du modem.