Si j'en crois le site du Point.fr et les quelques informations glanées de-ci delà, un vrai match pour ou contre s'est déclaré dans la tête de Nicolas Sarkozy pour la succession d'Emmanuel Hoog.

C'est finalement le plus jeune des deux candidats qui l'a emporté. Aujourd'hui, on caricature cette nomination en suggérant que c'est parce qu'il est un intime de Frédéric Mitterrand que Gallet a été nommé : et même si c'était vrai ?

Je ne connais pas ce Monsieur, mais par contre, mes activités au sein du conseil d'administration de France Télévisions m'ont amené à connaître son adversaire, le secrétaire général et responsable de la communication de France télévision, Camille Pascal... hommes lige de Patrick de Carolis ! Il avait deux titres de gloire à France Télévisions que j'ai eue à connaître en tant que membre du comité de la stratégie du groupe public.

Tout le monde l'a encensé pour un accord de partenariat qu'il a réussi à signer avec Orange : j'ai toujours considéré que cet accord qui privilégiait un opérateur au détriment des autres était un accord qui, selon moi, était loin de recouvrer les nécessités d'un service public. L'équidistance entre tous et donc le respect de leurs téléspectateurs respectifs.
J'ai eu l'occasion de le dire à plusieurs reprises au Conseil et au comité de la stratégie.... D'ailleurs, les thuriféraires de cet historien spécialiste de Louis XV ont immédiatement mis le doigt sur les bénéfices, financiers, que l'opération a rapportés au groupe public et rien sur la diffusion des contenus: je ne change pas d'avis, le service public est -et doit rester- le service public il n'est pas un opérateur du marché comme les autres.
je pensais, et je pense toujours, que les émissions qui ont été produites réalisées et diffusées dans le cadre du service public l'ont été pour l'ensemble de ceux qui payent la redevance et que le service supplémentaire et qui consiste à mettre certaines émissions sur un serveur doit être une possibilité offerte aux abonnés de tous les opérateurs.

La deuxième action qui n'a pas retenu -cette fois-ci- l'attention des observateurs, c'est le rapprochement de France Télévisions avec YouTube -pendant la campagne présidentielle- YouTube qui comme chacun sait est est une filiale de Google.
Au moment de ces négociations, que je trouvais risquées, j'avais attiré l'attention de Camille Pascal, qui en était l'instigateur, sur le fait qu'un éditeur de contenu -d'origine française- avait, pour moi, un dossier meilleur semble-t-il c'était Dailymotion ! Au jour d'aujourd'hui, en 2010, je ne sais pas si cette remarque concernant Dailymotion serait toujours fondée ?

J'avais même fait remarquer, avec le sourire, que Camille Pascal était tombé à côté de la cible -que je croyais être uniquement de communication de sa part et non pas à une opération stratégique de l'entreprise- puisque le fondateur de DailyMotion était un ami de Sarkozy.
Compte tenu du climat qui prévaut actuellement dans l'hexagone, il y a de fortes chances que cette proximité, qui n'a pas été mise en avant ces jours derniers, le soit aujourd'hui pour expliquer pourquoi Camille Pascal a été battu....
Rappelons enfin que l'historien Camille Pascale avait pris position pour Google dans la polémique sur la numérisation de la Bibliothèque nationale par une tribune dans Libération.

Il me semble clair, pour ce qui me concerne, que la nomination de son adversaire est donc un pas en avant : Google n'aura pas l'INA !

Bravo monsieur le Président !

Juste un dernier mot pour ce sujet: ceux qui font état de la jeunesse du nouveau patron pour expliquer qu'il serait incapable de négocier la nouvelle convention collective de l'INA avec les syndicats font quand même très fort dans le déni.
Heureusement, que les enjeux de l'Ina à moyens et à long terme, ne se justifient pas par la seule négociation d'une convention collective...
Grâce à Hoog, l'entreprise est aujourd'hui un très bel outil dont il est souhaitable que les missions augmentent.
Les personnels le savent.
Ce serait véritablement prendre les organisations syndicales pour ce qu'elles ne sont pas que de croire qu'elles sont prêtes à sacrifier l'avenir de l'entreprise à la nouvelle convention collective.

Pour ce qui concerne France Télévision, reste le nouveau duel, Bompard/Langrand.... pressentis pour remplacer Patrick de Carolis

La première remarque, c'est que toutes ces rumeurs, confirmeraient le départ de Patrick de Carolis.... on ne peut que s'en réjouir...
Sauf si l'on est producteur de télévision ! Auquel cas évidemment, les choses sont différentes.
Et ils l'ont bien évidemment fait savoir....et puisque le depuis des années, en l'absence de de téléspectateurs organisés, le pouvoir politique et les responsables du groupe de télévisions publiques les ont conforté dans l'idée qu'ils étaient l'image même de ce qu'est la télévision publique ! Un schéma ancien donc Tessier et Carolis n'ont eu qu'à se féliciter.

C'est évidemment dommage pour les téléspectateurs, pour les consommateurs mais les démarches que j'avais entreprises lors de mon passage au conseil avec les associations de défenses en tout genre n'ont rien donné.

Soyons très clairs, il suffit de regarder à qui le PS s'est adressé pour monter sa commission de « proposition pour une télévision publique » pour se rendre compte que l'on prend, une nouvelle fois, les mêmes et que l'on recommence: l'opposition socialiste n'a aucune proposition crédible à faire dans ce domaine ! La plupart des participants de cette nouvelle commission sont déjà entachés, selon moi, par l'éventuel conflit d'intérêts qui pourraient être retenus contre eux.
Cela fait longtemps que ces gens-là, les socialistes, sont discrédités sur ce dossier.

Les producteurs de télévision se préparent à être les fossoyeurs d'une culture « télévisée » moderne comme l'ont été sur un autre dossier les producteurs du monde musical: tous ces gens-là sont à mettre dans le même lot : Hadopi, Acta et consorts... avec comme politique, une absence totale de vision d'avenir et un seul mot d'ordre "sauvons les meubles et les avantages acquis" !

Catherine Trautmann, députée européen PS après avoir été ministre de la culture et de la communication, devrait tenter de faire comprendre à ses collègues que les temps de la «télévision classique» sont derrière nous.

Personnellement, cela fait 10 ans que j'ai choisi mon camp : celui de la modernité et de la modernisation du service public. La télévision de papa est morte, vive les réseaux !
Et vive les écrans différenciés selon les supports : la meilleure preuve que la technique dépasse largement l'imagination des politiques, c'est ce débat aujourd'hui totalement ridicule me semble-t-il qui aurait dû déchirer les partenaires industriels sur la télévision personnelle !
Curieusement, aucun des ingénieurs, des députés, sénateurs et ministres qui étaient chargés du dossier ne l'ouvrent aujourd'hui ou iPod iPhone et autres iPad ont été sensiblement plus rapides qu'eux !

C'est dans cette optique que le départ de Patrick de Carolis est une opération de salubrité publique. J'en suis absolument certain parce que j'ai vu notre homme aux commandes du groupe de télévisions.
Je ne sais pas si ce monsieur avait toute latitude pour conduire une politique originale dans ce domaine. Peut-être apprendrons-nous un jour que son actionnaire l'a bridé dans les développements qu'il souhaitait imposer dans le domaine du numérique aux entreprises qu'il dirigeait : très sincèrement j'en doute
Je suis même persuadé que, sur ce point, sa vision de l'avenir s'arrête à demain matin.

Et c'est dans cette optique qu'Alexandre Bompard et Patricia Langrand me paraissent être deux bons candidats.

J'ai une petite préférence tout de même pour Patricia Langrand -polytechnicienne- qui vient de France Telecom, de Canal et du Ministere de l'Industrie et qui a eu à mettre en route le début de la politique de contenu que voulait installer l'ancien président Didier Lombard qui fut à France Telecom ce que Jean-Marie Messier fut à Vivendi !
Toutes proportions gardées !
Elle s'opposé à lui sur le développement des chaînes sportives et a priori, comme nous avons eu le même débat à France télévision, je ne peux pas, lui donner tort !
Un de ses atouts, à mon sens, le est d'avoir été la négociatrice de France Telecom dans les accords qui ont rapproché l'ancien opérateur de télécoms de service public et France Télévisions : elle connaît à la fois à les arcanes et les dérives de la maison où le siège aujourd'hui au conseil d'administration.
Tout le monde, Jean-François Copé compris, a l'air d'avoir oublié que l'actuel Président de la République est un ancien ministre de l'industrie qui a réfléchi sur l'industrie française du numérique.
Je suis persuadé que l'avenir du groupe de télévisions publiques passe par sa modernisation.
Je suis toujours persuadé que la décision du chef de l'État tiendra compte de cette nécessité vitale.

Et il y a un point, supplémentaire, qui peut faire de Patricia Langrand une meilleure candidate à la succession de Patrick de Carolis qu'Alexandre Bompard : c'est, je le rappelle, son actuel mandat d'administrateur indépendant.
Au moins, je suis sûr qu'elle a pris conscience -par la pratique- de la nécessité de réformer complètement la gouvernance de l'entreprise publique. Le rapprochement quasi institutionnel avec le monde du cinéma par exemple, doit être revues. Même si une forme de proximité entre ces deux mondes d'images doit subsister : c'est évident !
Par contre, la proximité avec le monde des télécoms et celui des réseaux doit être favorisée au sein du conseil.
le rôle du Parlement droite, à mon avis, diminuer alors qu'il serait souhaitable de faire siéger dans ce conseil rénové un représentant de l'université et un représentant des associations familiales.
et je maintiens, puisque ce point est un des points de conflit avec mon ancien syndicat, que le rôle des représentants indépendants, doit augmenter en faisant siéger par exemple des hommes ou des femmes qui sont des capitaines d'industrie et pas des fonctionnaires de ministères.